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Sous les feux de la rampe

Aéroport Lyon Saint-Exupéry

 
 

3 000 lampes balisent les pistes de l’aéroport Lyon Saint-Exupéry, les parkings et les parcours menant aux places de stationnement. Piloté par les contrôleurs aériens, le système de contrôle commande du balisage vient d’être entièrement rénové. Lumière !

    12 heures UTC (temps universel). Les avions qui atterrissent et ceux qui s’apprêtent au décollage défilent dans un flux continu et régulier sur les deux pistes de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Dans la tour de contrôle, les contrôleurs aériens jouissent d’un panorama à 360 ° parfaitement dégagé. A voix feutrée, les yeux rivés sur leurs écrans, ils gèrent le trafic, modéré à la mi-journée par rapport aux trois hubs du matin de l’après-midi et du soir sur lesquels se concentrent la majorité des 400 à 450 mouvements quotidiens.
Parmi les nombreuses
informations à prendre en compte lors d’un atterrissage ou d’un décollage, le balisage des pistes, des parkings, des routines (circuits pour se rendre au point de stationnement) n’occupe que quelques secondes et pourtant, comme chacune des autres étapes de la procédure, il ne tolère aucune approximation. Le contrôleur doit disposer d’un outil fiable, précis et très lisible pour commander le balisage et vérifier que l’ordre passé a bien été appliqué. C’est pourquoi, à l’occasion du renouvellement du système de contrôle commande du balisage de l’aéroport Saint-Exupéry, les opérateurs de la tour de contrôle ont été largement associés aux travaux réalisés par la société Alpha-Cim et les équipes du pôle infrastructures et travaux des Aéroports de Lyon.

Un nouveau système de balisage ouvert et compréhensible par tous

« L’automatisme de contrôle commande du balisage était ancien : il datait de 1991 et ne convenait plus à nos besoins, explique Jérôme Garnier de Boisgrollier, responsable du balisage au sein d’Aéroports de Lyon. Il n’était pas en mesure de gérer, par exemple, les extensions réalisée ces dernières années. Nous souhaitions une solution capable de s’interfacer avec un système suédois de feux intelligents, permettant notamment un historique et un état des défauts pour chaque feu. La solution proposée devait également être conçue dans la perspective de l’’expansion de l’aéroport, avec les projets de troisième et de quatrième pistes. Enfin, nous tenions à une continuité en termes d’équipements, en l’occurrence de marque Telemecanique, bien connus et maîtrisés par nos équipes, et, pour la supervision, le logiciel PcVue. Pour résumer, nous attendions de la part des sociétés consultées un système ouvert, compréhensible par tous, non propriétaire, évolutif. »
A l’issue d’un appel d’offres européen, six entreprises ont été retenues, parmi lesquelles Alpha-Cim qui s’engageait sur le résultat grâce à des produits et à l’assistance de Schneider Electric pour les automatismes et Arc Informatique pour la supervision.

Un simulateur pour tester le système

« Le balisage est géré par six sous-stations électriques, équipées chacune d’un automate, précise Jean-Michel Labaille, directeur commercial d’Alpha-Cim. Les six automates ont donc été remplacés par des TSX Premium de marque Telemecanique, reliés entre eux par un réseau en fibre optique redondant, incluant également les équipements de la tour de contrôle. Le dispositif de supervision PcVue est situé dans le poste maintenance mais chaque sous-station est équipée d’un PC permettant de vérifier l’état du balisage. »
Les travaux (études, réalisation, mise en service, réception) ont duré quasiment un an durant lequel la disponibilité de l’installation existante et la continuité de l’exploitation ont dû être assurées. « Nous avons souvent travaillé de nuit, lorsqu’il y a moins de trafic, raconte Jean-Michel Labaille. Chaque intervention étant soumise à autorisation, des “notam“, fenêtres horaires durant lesquelles on avait le champ libre, en quelque sorte. En un an, l’aéroport a évolué et nous avons dû modifier nos plans au fil des changements de matériels, d’architectures, etc., impactés par notre système. Afin d’éviter tout dysfonctionnement susceptible de perturber la bonne marche de l’aéroport, nous avons construit un banc d’essai, sorte de simulateur, qui nous a permis de tester les évolutions, les modifications, portées au fur et à mesure de l’avancement du projet. Ce banc d’essai sert à présent à former les contrôleurs aériens et à tester les modifications nécessaires lorsque de nouveaux travaux sont réalisés sur le site. »

Une expérience très valorisante

Le basculement de l’ancien vers le nouveau système de balisage a été vécu comme un moment critique mais tout s’est bien passé. Et ce n’est qu’une fois la nouvelle solution complètement opérationnelle que l’installation obsolète a été déposée. « C’est simple de concevoir un tel système lors de la création d’un aéroport, déclare Jérôme Garnier de Boisgrollier. Or, ici, nous sommes dans un tout autre contexte : un site en exploitation et, de surcroît, en constante évolution. Un chantier dans ces conditions génère un énorme stress car, si on n’assure pas la qualité de service, l’aéroport peut être déclassé et les avions déroutés vers un autre site. Toutefois, nous nous sommes vraiment fait plaisir ! Nous sommes intervenus sur la chaîne complète aux côtés d’Alpha-Cim et d’Arc Informatique : nous avons collaboré à la conception, nous avons mis en œuvre la solution et, à présent, nous en assurons la maintenance. Le maillage entre les différents intervenants a été très enrichissant. C’est une expérience valorisante pour nos techniciens qui apprécient au quotidien ce pour quoi ils se sont donné tant de mal. »

 
 
 

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