• Default Alternative Text

    Le bâtiment tertiaire en pleine mutation

    Réalisation le: 7 novembre 2011
    • Le bâtiment tertiaire en pleine mutation

      Sous l’influence de la réglementation en faveur de bâtiments basse consommation et de la pression des exploitants, désireux de réduire leur facture énergétique, le bâtiment tertiaire connaît une profonde évolution. Le concept de Green Office, signé Bouygues Immobilier, est exemplaire de ce courant. Le premier bâtiment de ce type, équipé de solutions Schneider Electric, a été livré en juillet 2011.

      Peu énergivore et producteur d’énergie renouvelable

      « Le Green Office se différencie d’un bâtiment tertiaire classique tout d’abord par sa performance énergétique, précise Marie-Annick Le Bars, maître d’ouvrage du premier Green Office construit à Meudon, et aujourd’hui directrice de l’Innovation chez Bouygues Immobilier. C’est un bâtiment à énergie positive, qui produit donc plus d’énergie qu’il en consomme. Il est le fruit d’un important travail de recherche qui en fait un immeuble inédit : il est doté d’une isolation performante, dépourvu de climatisation, rafraichi par ventilation naturelle, chauffé par une chaudière à cogénération biomasse, équipé d’une centrale photovoltaïque… Un modèle de sobriété énergétique, économique et écologique. »

      « De plus, reprend Marie-Annick Le Bars, nous avons poussé le niveau d’exigence au-delà des réglementations puisque nous avons intégré dans nos calculs les postes bureautiques qui représenteront à l’avenir la part essentielle des consommations électriques des bâtiments de bureaux. Une fois imaginé le bâtiment le moins consommateur d’énergie possible, nous avons réfléchi au moyen de compenser les dépenses énergétiques incontournables. Dans le cas de Meudon, nous avons fait un double choix : la production d’énergie photovoltaïque et la cogénération. »

      Des outils de gestion et de monitoring pour l’exploitant… et l’occupant

      Sur le papier, un bâtiment à énergie positive, c’est très séduisant. Mais comment faire en sorte qu’il tienne ses objectifs de performance énergétique en phase d’exploitation ? Quelles informations fournir à un facility manager, au propriétaire, à l’occupant des bureaux ? Sous quelle forme les restituer à chacun d’entre eux pour qu’ils puissent en avoir un usage pratique et efficace ?

      C’est précisément pour travailler sur ces questions qu’un GIE associant huit partenaires industriels, dont Schneider Electric, a été réuni. A l’issue de leurs analyses et de leurs prospectives, des solutions intelligentes ont été sélectionnées et mises en œuvre dans le Green Office de Meudon. Parmi ces solutions figure l’un des systèmes de gestion technique centralisée les plus évolués du marché : le système EcoStruxure de Schneider Electric qui allie flexibilité, convivialité, ouverture et performance.

      L’exploitant, acteur majeur engagé dans un contrat de performance énergétique

      Fait nouveau dans ce type de discussion, l’exploitant, Exprimm, a été associé lui aussi au choix des solutions. Celui-ci s’est en effet engagé, alors que le bâtiment n’en était qu’à l’état de plan, en signant un contrat de performance énergétique avec l’occupant. Il était donc logique qu’il ait son mot à dire quant aux outils qu’il va utiliser pour tenir son objectif : une consommation de 62 kWh/m2/an et une production de 64 kWh/m2/an.

      « Nous nous appuyons sur trois outils, indique Laurent Lebouchard, directeur Efficacité énergétique d’Exprimm. Le principal est la GTC Schneider Electric pour le pilotage de l’ensemble des installations. Nous avons également déployé un système d’information qui permet de réaliser l’entretien des équipements techniques et de recevoir des demandes informatisées d’interventions de la part des occupants — qui ont trop chaud, trop froid. Enfin, le bâtiment est doté d’un outil qui collecte tous les paramètres d’influence sur la consommation énergétique, comme la météo, le taux d’occupation des locaux, les horaires d’ouverture, la température intérieure. Ce système enregistre ces données et nous permet de démontrer à notre client que les objectifs sont atteints. »

      L’accompagnement des occupants est un autre aspect essentiel de la performance énergétique. « C’est pourquoi, plusieurs mois avant son emménagement, nous avons commencé à travailler avec la société Steria, qui a pris possession du bâtiment en juillet dernier, avec la rédaction d’un guide de l’occupant, la sensibilisation des salariés aux caractéristiques et aux objectifs du bâtiment », précise Laurent Lebouchard.

      Un bâtiment qui concilie économie et éthique

      Une démarche que confirme François Pacoureau, directeur des Achats et directeur des Moyens généraux chez Steria. « Nous nous sommes engagés, comme Exprimm, via notre contrat de performance énergétique, à respecter un niveau de température, de ventilation, d’éclairage, et à limiter nos consommations bureautiques. Nous allons communiquer avec nos collaborateurs, les accompagner, leur expliquer comment fonctionne le bâtiment afin de favoriser certains comportements : quand il fait très chaud, garder les fenêtres fermées, par exemple, prendre l’escalier pour monter ou descendre un seul étage, ne pas utiliser d’équipements individuels branchés sur le réseau bureautique (comme une bouilloire), etc. Ce ne sont pas forcément des réflexes naturels. Pour une fois, les objectifs de limitation des coûts rejoignent des préoccupations éthiques. Elles ne peuvent que susciter l’adhésion de tous, d’autant que le bâtiment est très beau, très agréable à vivre avec des matériaux chaleureux comme le bois, un éclairage en lumière naturelle… »

      Le concept de Green Office ne saurait en effet être réduit à la seule logique énergétique. La qualité des espaces et du cadre de travail a également fait l’objet d’une grande attention. Et ce bâtiment nouvelle génération est bien la preuve que tous ces critères sont parfaitement compatibles.