• Aerial view of a smart city at night, smart buildings.

    Expérimentation grandeur nature du “building smart grid"

    Réalisation le: 20 Octobre 2011
    • Expérimentation grandeur nature du “building smart grid”

      Prouver qu’un bâtiment peut être indépendant énergétiquement quand le réseau électrique breton peine à répondre à toute les demandes, tel est le pari relevé par le Syndicat départemental d’énergies du Morbihan avec son nouveau siège social Kergrid. Un bâtiment qui associe performance énergétique, production d’énergie renouvelable et capacité de stockage. Un bâtiment unique en son genre.

      3 300 m2 au sol, un design épuré, de grandes baies vitrées donnant sur une cour intérieure à l’inspiration zen, le tout dans un parc paysagé : le nouveau siège du Syndicat départemental d’énergies du Morbihan (SDEM), à Vannes, s’inscrit parfaitement dans son environnement. Mais au-delà de l’aspect architectural, ce bâtiment tertiaire inauguré en octobre 2013 est unique en son genre. Kergrid, c’est son nom, constitue le premier démonstrateur prototype d’un système de stockage et de gestion de l’énergie “Building Smart Grid” en France.

      Conçu en partenariat avec Schneider Electric, Kergrid dessine les contours d’un nouveau type de bâtiment tertiaire et montre la pertinence du stockage de l’énergie pour la revente. « En tant que syndicat d’énergie, nous avons voulu donner l’exemple à l’heure de la transition énergétique. Propriétaire de 22 000 km de réseaux électriques basse et moyenne tension exploités par ERDF et de 14 000 postes de transformation, nous organisons le service public de la fourniture et de la distribution d’électricité dans 261 communes, explique Henri Le Breton, Président du SDEM. La situation en Bretagne est particulière puisque nous sommes une péninsule énergétique : nous produisons à peine 10 % de l’énergie consommée et nous ne sommes ravitaillés que par l’Est. Nous sommes une région sensibilisée aux problématiques d’économie d’énergie. Nous avons donc décidé de réaliser un “smart building” pour effacer les pointes, en hiver en particulier, en associant performance énergétique, production d’électricité renouvelable et capacités de stockage. Nous voulions vérifier avec ce projet pilote qu’une démarche smart grid est techniquement possible et économiquement viable. »

      Une étape supplémentaire vers les smart grids

      La production d’électricité est assurée par 850 m2 de panneaux photovoltaïques de 126 kWc en toiture et par 2 mini éoliennes de 2,5 kWc chacune. Mais le centre névralgique de l’expérimentation, directement intégré à l’immeuble, repose sur la solution Power Management System (PMS) développée par Schneider Electric. Cet automate gère les flux d’énergie entre le réseau de distribution, la production locale, le système de stockage, les bornes de recharge des véhicules électriques, et bien entendu les charges du bâtiment. « Nous misons sur l’idée que les petits cours d’eau font les grandes rivières : un bâtiment comme celui-ci qui s’efface pendant la pointe n’apporte pas grand chose mais si demain tous les bâtiments tertiaires s’effacent, alors ça devient pertinent », déclare Marc Aubry, Directeur général du SDEM.

      Parmi les innovations technologiques, l’immeuble Kergrid embarque le tout nouveau système combiné de stockage de l’énergie électrique (EESS) de Schneider Electric développé avec Saft. D’une capacité de stockage de 56 kWh d’électricité, ce système permet de tenir deux heures en période de pointe.

      Kergrid intègre également un outil de gestion technique du bâtiment pour la supervision et le contrôle de l’éclairage, du chauffage, de la climatisation et de la ventilation, ainsi qu’un tableau général basse tension qui permet des délestages de charges.

      Valider une solution rentable et reproductible

      L’expertise de Schneider Electric a convaincu le SDEM de s’inscrire dans une démarche plus globale que le seul fonctionnement en autonomie pour quelques heures envisagé au départ. Et, de fait, Kergrid se présente aujourd’hui comme un bâtiment expérimental, au moins à trois titres comme l’explique Marc Aubry. « D’un point de vue technique, nous testons la possibilité de mettre en relation différentes solutions intelligentes pour assurer le lien entre les batteries, le réseau et le système de production. Kergrid est aussi un démonstrateur économique : dans la perspective de l’ouverture du marché de l’énergie dans deux ans, nous devons trouver la bonne adéquation pour que le dispositif soit rentable et puisse se généraliser à l‘ensemble des bâtiments tertiaires. Enfin, Kergrid est une expérimentation réglementaire car il n’existe pas encore en France de cadre juridique concernant la revente de l’électricité stockée. Notre objectif serait de recevoir dans nos batteries de l’électricité en provenance du réseau et de pouvoir éventuellement la revendre au moment opportun, lorsque le réseau en a besoin. Ce qui pourrait profiter à tous. »

      Dans l’esprit du “Pacte électrique breton” (fondé sur trois piliers : la maîtrise de la demande en électricité, le déploiement massif des énergies renouvelables et la sécurisation de l’approvisionnement), Kergrid contribue à l’autonomie énergétique en Bretagne. Le bâtiment a d’ailleurs remporté le Trophée Smart Awards 2013 catégorie Smart Home/Building. De quoi rendre optimiste le Président du SDEM, Henri Le Breton : « Nous croyons en l’avenir du stockage de l’électricité et entendons démontrer la pertinence de cette option, notamment pour réduire le risque de black-out qui touche la Bretagne durant les périodes de pointe. Le développement durable doit se concrétiser au niveau local, avec une gouvernance locale, et c’est bien le sens de cette expérimentation. »